Légende du football africain, Joseph-Antoine Bell

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Le gardien de but camerounais s'est illustré autant par son talent que par son fort caractère. De quoi faire de lui le plus indomptable des Lions.
 
 
Joseph-Antoine Bell est un pionnier. Côté grande gueule d'abord, parce que jamais un joueur africain ne s'était auparavant illustré par un caractère aussi trempé que le sien. Critique envers la fédération, acteur de premier plan dans la lutte contre le racisme dans les stades, il n'hésite pas à monter au front et à imposer des débats de société jusque-là inexistants sur certains sujets. Ainsi de celui concernant le jet de bananes dans un stade. Mais il est aussi l'un des premiers à s'expatrier en 1980 pour évoluer à l'étranger. L'Europe n'arrive néanmoins pas tout de suite, puisqu'il part d'abord à l'Africa Sports d'Abidjan, puis dans le club égyptien d'Arab Contractors, où il gagne en 1983 le championnat national et la Coupe d'Afrique des vainqueurs de coupe. Une moisson de trophées qui a fait de lui un gardien respecté au pays des pharaons.
 
Il débarque en Division 1 française avec un titre continental glané avec les Égyptiens d'Arab Contractors
La mémoire collective fait de ce talentueux gardien de but un pensionnaire incontournable du Championnat de France. Sauf qu'il débarque dans l'Hexagone à 30 ans et qu'il ne s'illustre réellement aux yeux de la planète foot qu'à partir de cet âge avancé pour un joueur professionnel. Certains de sa génération sont en préretraite, lui arrive à maturité. Il faut dire qu'il ne débarque pas dans n'importe quel club puisqu'il s'agit de l'Olympique de Marseille, fraîchement racheté par l'ambitieux Bernard Tapie. Pas vraiment le contexte idéal pour se la couler douce.
 
Il est alors le premier gardien de couleur noire du Championnat de France. Il étale ses qualités dès la première saison (1985-86) en finale de la Coupe de France en arrêtant avec brio un penalty du Bordelais Reinders. Le portier camerounais dissimule ses mains derrière son dos pour ne laisser aucun indice au tireur et bien rester sur ses appuis tout en adoptant une posture originale. Il s'agissait quand même d'une finale, et un tel geste s'inscrit dans la même lignée, à un degré moindre évidemment, qu'une panenka de Zidane ou un but en talonnade de Madjer : ce sera un fait qui restera dans les annales. Il devient par la suite aussi le premier capitaine noir, certains diraient black, d'une équipe de Division 1. Le voilà donc qui trace sans le savoir la route pour le Franco-Zaïrois Steve Mandanda qui porte actuellement le brassard de l'OM.
 
Premier gardien noir de D1, il est victime de racisme au stade Vélodrome
Mais Joseph-Antoine Bell et Marseille, c'est aussi une histoire de racisme. Non, les travées du Vélodrome n'ont pas toujours baigné dans une atmosphère où l'amour du cosmopolitisme était la valeur première. Les cris de singe débiles des supporteurs marseillais d'autrefois ont précédé les drapeaux jamaïcains et les emblèmes hippies présents aujourd'hui dans les virages. Après une saison à Toulon, il signe en faveur de Bordeaux en 1989. Et pour son retour au Vélodrome, mais cette fois sous les couleurs girondines, il subit quantité de jets de bananes en provenance des virages qui auraient même pu donner une indigestion au Brésilien Dani Alves.
 
Et la réaction de Joseph-Antoine Bell ne s'est pas fait attendre. Le Camerounais met la pression lui-même sur le président de la Fédération de l'époque, Jean Fournet-Fayard, pour qu'il prenne des mesures. Il pose sur la place publique le problème du racisme dans les stades français longtemps occulté. Et tout en restant mesuré, sans généraliser et affirmer que tout le Vélodrome s'apparente à une bouillabaisse raciste. Il n'hésite d'ailleurs pas encore à montrer fièrement aujourd'hui sa carte de membre ultra de l'OM.
 
Bell n'hésite pas à croiser le fer avec la Fécafoot et est exclu du Mondial 90
Titiller les instances, Joseph-Antoine Bell est un orfèvre en la matière. Avant de placer les instances du football français devant leurs contradictions concernant la lutte contre le racisme, le gardien de la sélection camerounaise des Lions indomptables s'était fait exclure par sa fédération juste avant la Coupe du monde 1990 pour avoir trop bien joué son rôle de délégué syndical dans la négociation des primes pour cette compétition. Là encore, il se pose en pionnier et met en lumière la différence de traitement entre les joueurs africains et les footballeurs européens. Il ne participe donc pas à la fabuleuse aventure des Camerounais lors du Mondial italien au profit de son rival Thomas Nkono. Mais la plupart des joueurs affirmeront que l'exclusion de leur coéquipier a contribué à renforcer l'esprit collectif du groupe et a favorisé leur incroyable performance lors de ce tournoi où ils atteignent les quarts de finale.
 
Mais on ne peut justement pas parler de Joseph-Antoine Bell sans parler de son concurrent Thomas Nkono. L'âge d'or du Cameroun dans les années 1980 (deux Coupes d'Afrique des nations remportées en 1984 et 1988) s'explique en partie par la présence de deux gardiens de niveau international dans l'effectif. Difficile, là encore, de trouver un précédent de telle qualité sur le papier, y compris chez les équipes nationales européennes. Deux portiers, c'est un luxe que le Cameroun exploitera à merveille. Là encore, Bell s'inscrit en pionnier avec cette concurrence inédite à son poste. Toujours le premier...
 
 
 
Source: lepoint.fr

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